Pour ce premier article de mon journal des élégances, j’ai décidé d’aborder aujourd’hui avec vous l’histoire d’un des accessoires les plus symptomatiques et le plus controversé parfois….

Mausoléée de l’Empereur Qin

Historiquement, celle-ci remonte au troisième siècle avant J.C (l’an -210 environ) avec les troupes de l’Empereur Chinois Qin Shi Huangdi qui portaient un nœud de soie d’après des trouvailles archéologiques de son mausolée retrouvé dans la ville de Xian en 1974. Les officiers du premier Empereur de Chine portaient de longs foulards de soie enroulés autour du cou pour se protéger du froid alors que les simples soldats avaient un foulard rentré dans leurs armures afin d’éviter les irritations. La Soie étantt considérée en Chine comme un grand Luxe, les Chinois ne portant pas habituellement de foulards, on peut donc imaginer qu’il s’agissait déjà d’un signe de haut rang et de distinction.

Colonne de Trajan à Rome

Nous retrouvons ses traces au cours de l’Empire Romain entre l’an 98 et 117 après J.C grâce encore une fois à des vestiges, mais cette fois ci en Occident, plus précisément en Italie, à Rome sur la Colonne de Trajan, érigée par Marcus Ulpius Traianus, à proximité de la plazza Venezzia. On peut y voir les légionnaires portant un foulard en soie, en lin ou en laine appelé « Focalium ». Il semble qu’il s’agissait là aussi d’un symbole à la fois honorifique et utilitaire, afin de se protéger du froid, porté uniquement par les soldats et non par le grand public.

Hussards Croates

Après avoir disparu durant près de XV Siècle, la cravate réapparait toujours dans des conditions de combats au cours de la guerre de Trente Ans, lorsque la France menée par le Roi Louis XIII et la Suède unissent leurs forces, entre 1618 et 1648, pour vaincre ensemble l’Empire des Habsbourg dirigé par Ferdinand II. En effet, des hussards mercenaires Croates, réputés comme des guerriers d’élites, venant de Croatie, de Bosnie et de Hongrie, combattant pour l’une et l’autre des parties attachaient un large col avec un nœud qui fut également rapidement adopté par les officiers Français. Le mot « Cravate » serait donc selon certains une déformation du mot « Croate ». Une fois encore ce morceau de tissu servait à se protéger du froid lors des affrontements. La cravate est par ailleurs un symbole essentiel de la culture Croate. La Croatie célèbre la journée de la cravate tous les 18 Octobre depuis 2008.

Louis XIV dit Le Roi Soleil

Suite à cela, la cravate représentée alors par une bande en tissu ou en lin décorée de dentelles ou de rubans colorés apparait définitivement en 1650 en France, à Versailles, à la cour et au cou de Louis XIV. De plus, le Roi Soleil a lui-même crée le métier de « cravatier » dépendant du « Grand Maître de la Garde-Robe », fonction créée en 1669. A cette époque, La cravate doit en partie son succès au port de la perruque, limitant l’espace entre le col et le cou, dont la taille détermine l’importance des hommes dans la société.

Noeud « Steinkerque »

Aux grands nœuds succèdent la « Steinkerque » du nom de la ville Belge où en 1692, au cours de la bataille des Flandres des troupes anglaises attaquent par surprise les soldats français qui ont alors attachés à la hâte leur foulard, en faisant un nœud simple et en glissant l’extrémité des pans dans une boutonnière de la veste selon la légende.

Noeud « Stock »

Au XVIIIème Siècle, le « Stock » devient le tour de cou privilégié par la nouvelle bourgeoisie se présentant comme une simple bande de tissu enroulée ou agrafée autour du cou, dépourvue de pans retombant sur la poitrine.

Au cours de la révolution Française (1789-1799), la cravate servait à afficher sa couleur politique, comme il parfois le cas encore aujourd’hui parmi la classe politique.

Ce symbole de l’élégance porté tour à tour par les soldats, les rois, les aristocrates, les bourgeois, les politiques fut ensuite démocratisé dans la forme que l’on connait aujourd’hui durant la révolution industrielle au XIXème Siècle par les travailleurs et les ouvriers, cherchant à alléger leurs tenues trop élaborées et ainsi faire naitre le nœud simple (« Four in Hands ») laissant pendre sur le devant les deux extrémités.

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Outre-Manche, en 1660, Charles II, Roi d’Angleterre exilé, ramena les plaisirs des cours d’Europe et notamment en termes de mode le port de la Cravate (Tie = Nouer) contribuant à sa démocratisation et elle est devenue dès la fin des années 1700 un summum de l’élégance chez les Britanniques notamment unies en noir ou en blanc. Il semblerait que la cravate soit une invention Française (Cocorico !) mais que le nœud est lui Anglais.

En Angleterre toujours, la première cravate montrant son affiliation à une institution sportive ou académique fit son apparition en 1880 à l’Université d’Oxford. Un membre du Club d’aviron retira le ruban de son canotier et le noua autour de son cou. Depuis ce jour, la cravate est indispensable pour tous les écoliers Britanniques. On parle aujourd’hui de cravates « Club ». Chez Maison Baylé, elles sont en tricot de laine en hommage aux uniformes des joueurs de tennis de 1880 à 1910.

On voit également à cette période l’apparition de l’Ascot pour accessoiriser les tenues de journées formelles portée par le Roi Edward VII lors des courses de chevaux notamment la plus célèbre : The Royal Ascot. L’Ascot est l’équivalent Anglo-Saxon de la Lavallière Française, un des ancêtres de la cravate popularisée par les femmes, d’abord, notamment, Françoise Louise de La Baume Le Blanc, Duchesse de La Vallière, maitresse de Louis XIV puis portée par les artistes, les peintres et les poètes. Elle est aujourd’hui majoritairement réservée aux cérémonies, mais fait son grand retour parmi les élégants de ce monde notamment pour couvrir et cacher son cou en la nouant à l’intérieur du col de sa chemise. Maison Baylé relance cet accessoire en proposant des modèles en pure soie confectionnées artisanalement et à la main au Lac de Côme, véritable berceau de soierie européen et mondial, à motif Cachemire, par exemple.

Au XIXème Siècle la cravate « Régate » fait son apparition tissée dans des matières plus souples et plus légères. Mais c’est en 1926, Outre-Atlantique que nait véritablement la cravate dans sa forme d’aujourd’hui, lorsque l’inventeur New-Yorkais Jesse Langdorf, décide de tailler la cravate en biais et de la confectionner à partir de 3 pièces de plusieurs tissus avant d’en déposer le brevet. Les matières et dimensions évoluèrent de 14cm à rarement plus de 8cm de large désormais mais la cravate était née et celle-ci rencontra un immense succès pour le plus grand bonheur de certains et les pires cauchemars pour d’autres.

Je ne peux pas évoquer l’histoire de la cravate, sans parler de la cravate « Tricot » si tendance aujourd’hui. En effet après avoir fait sa première apparition dans les tranchées au cou de nos valeureux poilus durant la guerre de « 14-18 » pour rester au chaud, suite à la raréfaction de la soie, les femmes étaient mises à contribution afin de les tricoter (« Knit for Victory » disaient les Britaniques).Elle fut ensuite popularisée par de nombreuses icônes du style de Paul Newman (Une de mes grandes inspirations par ses choix horlogers, son goût pour la course et les automobiles, sa filmographie et son look bien sur.) aux Beatles en passant par Fitzerald, Romancier de Gatsby le Magnifique, très présent aussi dans l’ADN Maison Baylé.

A ce sujet, on ne peut mentionner la cravate sans évoquer le Dandysme, quand George Brummell, célèbre Dandy Britannique, répandait l’utilisation des foulards blancs amidonnés noués par des nœuds complexes.

En France apparaissait « la Garat », cravate très bouffante de couleur noire, du nom du comédien l’ayant popularisée. Le Comte Alfred d’Orsay émigré en Grande-Bretagne en couple avec Lady Blessington, quant à lui préfère les formes douce et échangea la cravate en lin blanc pour une cravate en satin jaune primevère, noir ou bleu marine. Il ose même porter la cravate à la campagne, ce qui lui vaut en même temps l’admiration et le dédain de ses contemporains. Il est également celui qui popularise les cravates noires avec un manteau noir et une chemise blanche, et il peut donc être considéré comme l’un des précurseurs du smoking noir. Enfin Oscar Wilde, peut-être le plus grand d’entre eux disait : « Une Cravate bien nouée est le premier pas sérieux dans la vie ».

Nous reviendrons d’ailleurs plus tard sous forme de Tutos sous les différentes façons de bien la nouer en fonction des circonstances et de votre tenue car finalement n’est-ce pas le plus important ?

Jusque dans les années 60, les hommes portaient le costume et donc la cravate en toutes circonstances et non seulement pour aller travailler mais également pour aller faire leurs courses ou même aller au Stade. Depuis, la tradition du costume-cravate a fortement disparu avec l’avènement du streetwear, reléguant la cravate comme un symbole synonyme uniquement d’autorité et de contrainte vu comme une obligation sociétale pour beaucoup vieux-jeu. Notamment depuis quelques années la génération start-up au départ dans la Sillicon Valley avec des dirigeants de grandes entreprises mondiales comme Steve Jobs faisant des conférences devant le monde entier en Basket, Jean et Col Roulé ou Marc Zuckerberg en Basket Jean et T-Shirt qui a reporté son costume uniquement pour aller s’expliquer devant le Congrès Américain en 2018. Depuis la démocratisation du « Casual Friday », cela touche toutes les professions.

Mark Zuckerberg devant le Congrès Américain

Notre défi Chez Maison Baylé est de vous montrer que Oui la cravate avec un grand C peut être un accessoire Cool, hors de tous les clichés péjoratifs qu’on a pu lui donner ces dernières décennies. Elle n’est pas réservée à l’élite ou aux cérémonies. Nous avons envie de vous faire aimer porter nos cravates entièrement confectionnées en Italie, au Lac de Côme , en Tricot de Laine, Tricot de Soie, Soie de Panama ou Soie Twill (Nous reviendrons sur leurs différences dans notre article « La soie dans tous ses etats ») et « Self Tipped » – Doublées de Soie identique au motif frontal – et avec triplures. Nous proposons également des modèles 7-plis au lieu des 3-plis traditionnels entièrement montées à la main, un luxe non ostentatoire où seul le propriétaire a connaissance du savoir-faire qu’il porte autour du cou.

On peut accessoiriser d’une cravate n’importe quelle tenue de la plus casual à la plus sartoriale. Je pense par exemple à ajouter une cravate à un ensemble en denim pour un style « workwear », à la porter avec un cardigan ou encore sous un pull col rond ou col « V » pour un look « preppy ».

D’accessoire de « masse » à accessoire de « niche » quel est l’avenir de la cravate selon vous ?

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