Le style Maison Baylé est inspiré par quatre époques et mouvements:

-La Prohibition et la mode masculine des années 1920 à 1950, costumes trois pièces ou croisés et port de nombreux accessoires.

-La Sprezzatura napolitaine, cette élégance nonchalante dont les italiens ont le secret, l’accessoire est ici aussi la clé pour subjuguer un look.

-Le Sartorialisme britannique, le respect parfait de l’étiquette (White Tie, Black Tie,…) et l’excellence du bespoke des tailleurs de Saville Row.

-Le Dandysme ou l’art d’être différent et de casser les codes de l’ordre établi par son apparence vestimentaire.

Nous nous intéressons aujourd’hui au dernier dans notre journal des élégances.

Qu’est-ce que le Dandysme?

On m’a souvent depuis mon enfance dit que j’étais un Dandy mais comment interpréter ce mot? Péjoratif dans la bouche des uns, un compliment dans la bouche des autres, revenons donc sur son étymologie, son histoire, son époque et analysons le d’un point de vue strictement vestimentaire.

Selon Oscar Wilde, l’un des plus célèbres Dandy qui voulait « faire de sa vie une oeuvre d’art », la première occurence du mot provient d’une balade anonyme écossaise en 1780 dans laquelle le personnage Andy (diminutif d’Andrew) se dandinait (verbe To Dandle) devant ses courtisanes. Le mot Dandy serait donc la contraction du prénom Andy et du verbe Dandle. Ce terme sert alors à qualifier les jeunes exubérants de l’époque. Il se diffuse ensuite à Londres, berceau du flegme, au début du XIXème Siècle puis à Paris dans le sillage de l’anglomanie des années 1820 et désigne la jeunesse dorée et élégante de la capitale. Il fut importer en France pendant la période de restauration (1814-1836) en même temps que les mots snob, smart (élégant) ou encore fashion (mode). Les Dandy’s détiennent l’autorité en matière de mode et définissent les règles de l’élégance. Mais le dandysme n’est pas uniquement une histoire d’apparence, c’est aussi une histoire de valeurs, de politesse et de respect des bonnes manières, une attitude non seulement esthétique mais également morale donc. Selon Roger Kempf le dandysme représente « Le culte de la différence dans le siècle de l’uniforme » et ainsi le besoin de se singulariser par ses toilettes et son allure. Le dandysme est également une histoire de choix, choisir avec soin les vêtements que l’on porte aussi bien que les mots que l’on prononce ; les lieux que l’on fréquente aussi bien que les amis dont on s’entoure.

Beaucoup de poètes et d’écrivains français et d’outre-manche de l’époque se sont emparés de ce mouvement dit d' »ésthétisme » a ne pas confondre avec le « décadentisme ». Le Dandy combine alors une élégance de style Britannique avec des caractères plus ou moins empruntés au type de personnage de la tradition littéraire française.

Selon Charles Baudelaire, les codes du Dandy ont pour but de fortifier la volonté et de discipliner l’âme : « le mot Dandy implique une quintessence de caractère, une intelligence subtile de tout le mécanisme moral de ce monde ». Un Dandy est selon lui, un être épris d’absolu, un esthète au sens le plus pur, et c’est par la beauté et l’élégance que réside ses valeurs. Dans l’ouvrage « Les Fleurs du Mal », le poète pose l’incompatibilité radicale entre les notions d’utile et de beau et fait l’écho de cette protestation anti-conformiste à l’origine du dandysme car un Dandy est quelqu’un qui fait du beau la ligne directrice de toutes ses actions quotidiennes.

Pour aller dans ce sens, l’écrivain et Dandy français Jules Barbey d’Aurevilly, auteur de l’ouvrage référence des Dandy’s « Du Dandysme et de George Brummel » disait « J’ai été malheureux parfois mais je n’ai jamais quitté mes gants blancs ».

Pour Oscar Wilde, auteur du « Portrait de Dorian Gray », « Aucun crime n’est vulgaire mais la vulgarité est un crime. La vulgarité c’est ce que font les autres ». L’auteur confirme ici que le dandysme est aussi une histoire de comportement.

Quel était l’attirail du parfait Dandy?

Les signes distinctifs du Dandy étaient le port du chapeau, haut de forme en feutre de préférence, de gants, blancs en général, de la cravate, en mousseline ou en satin, les mi-bas, faits de soie, d’un gilet, d’une redingote de draps, de manteaux avec des poches pour y glisser le livre de son auteur préféré sans oublier la canne de marche. Honoré de Balzac disait d’ailleurs « vous ne sauriez imaginer quel succès a eu ce bijoux (en parlant de sa canne) qui menace d’être européen… Tout le dandysme de Paris en était jaloux ». Les Dandy’s parisiens les plus huppés envoyés leurs vêtement dans des blanchisseries de Londres pour les faire nettoyer. A Paris ils fréquentaient les galeries du Palais Royal, et les boutiques de la Rue Vivienne ou du Boulevard des Italiens dans le IIème arrondissement qui étaient les hauts lieu de la mode à l’époque.

Qui étaient les Dandy’s d’hier?

Les deux Dandy’s les plus connus étaient George Brummel dit Beau Brummel (à droite) et Oscar Fingal O’Flahertie Wills Willis dit Oscar Wilde (à gauche). Le premier était un anglais non issu de l’artistocratie, ami intime du Prince de Galles et futur roi George IV, était l’arbitre des élégances et représenté l’autorité en matière d’habillement et d’étiquette. Il fut également à l’origine de nombreuses innovations vestimentaires ayant révolutionnées le dressing masculin comme le port du pantalon à la place de la culotte ou le port du costume moderne sombre et discret mais admirablement coupé. Il inspira un roman à Jules Barbey d’Aurevilly (au milieu). Le second est l’un des seuls Dandy a avoir su concilier art de vivre et discipline de création en considérant et vivant sa vie comme une œuvre. Son livre « le portrait de Dorian Gray » est considéré comme la bible de l’esthétisme.

On observe sur ces photos les principaux éléments du style Dandy de l’époque : Canne, Chapeau, Gants, Cravate, Noeud Papillon, Lavallière, Gilet, Redingote, Manteau. Le port de la moustache et/ou de la barbe était aussi souvent assimilé aux Dandys.

Qui sont les héritiers du Dandysme de nos jours?

Pour être un Dandy aujourd’hui le mot ordre c’est Oser, en inventant son propre style pour se différencier, en quittant les sentiers battus, en n’écoutant plus les dicktats imposés par les standards de la mode, en oubliant le regard des autres pour se plaire à soi-même avant tout. Si j’ai crée Maison Baylé, c’est pour rééduquer les hommes à l’élégance, remettre de la couleur dans le vestiaire masculin par les accessoires face une mode sombre et uniforme, arrêter de vouloir ressembler à un panneau publicitaire en sombrant dans l’hyper-logotisation, revenir à la qualité plutôt que la quantité pour faire revivre les savoir-faire européens, et ainsi revenir à un look Dandyesque.

Parmi ces exemples de Dandy modernes, on observe que chacun d’entre eux arbore un style qui lui est propre, de la sobriété d’un Hedi Slimane, qui a insufflé chez Saint Laurent et désormais chez Céline une silhouette minimaliste, des coupes slim et un look rock & chic, à l’excentricité d’un David Bowie, mi homme mi femme, mettant à l’honneur de nombreux accessoires du dandy: costume avec pantalon à pinces, chapeau, noeud papillon dénoué, ceinture et bretelles ou d’un certain Karl Lagerfeld qui ne sortait jamais sans ses mitaines ni sa cravate avec bijoux de cravate et portait des cols de chemise très hauts en pointe. Être un Dandy, c’est aussi parfois rester dans la subtilité avec un simple foulard (en soie, en coton ou lin) en été ou une écharpe (en laine ou en cachemire) en hiver à l’image d’Ariel Wizman ou un look costume cravate sobre et élégant comme Frédéric Beigbeider. Comme Pete Doherty le Chapeau est un des accessoires privilégiés du Dandy. Johnny Depp quant à lui ose même parfois la Canne de Marche pour un parfait hommage à la belle époque et aux origines du dandysme. Pour Lapo Elkann, petit fils de Gianni Agnelli, l’élégance et dans les costumes et smokings aux larges revers, il assorti même les couleurs avec celles de ses Ferraris. Le dandysme est aussi dans les imprimés, Prince de Galles par exemple comme Richard Chanffray dit le Conte de Saint-Germain et dans les matières, le velours corduroy par exemple comme Ariel Wizman ou encore le Tweed, en hommage aux origines anglo-saxonne du mouvement.

Le phénomène de la sapologie (société des ambianceurs et des personnes élégantes) provenant du Congo est également un héritage du dandysme. Peu importe son statut social, ses revenus, riche ou pauvre, l’important est d’être élégant et de se différencier par ses tenues en mettant à l’honneur les couleurs et les accessoires. Le Pitti Uomo, le rendez-vous bi-annuel de la mode masculine à Florence est aussi un évènement dédié aux gentlemen ou se retrouve les dandy’s du monde entier.

Alors être Dandy ou ne pas être, c’est à vous de décider et chez Maison Baylé vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous approprier ce style et être élégant à votre manière car encore une fois la recherche du style est singulière à chacun. Arrêtez de vouloir ressembler à quelqu’un, devenez vous même.

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